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[Le premier rêve de l'année qui porte bonheur : Ichi Fuji, Ni Taka, San Nasubi]

Basé sur un poème senryu de la période d'Edo, qui est devenu par la suite un proverbe qui énumère les trois choses qui portent bonheur lorsqu'on les voit dans le premier rêve de l'année. Plusieurs théories expliquent pourquoi le Mont Fuji, le faucon et l'aubergine ont été choisi. Fuji, c'est parce que dans les environs du sanctuaire de Komagome Fuji, où il existait une croyance populaire en Fuji-ko, c'est-à-dire une croyance au Mont Fuji lui-même, il y avait des personnes spécialisées qui élevaient et entraînaient des faucons et que par ailleurs, les aubergines de Komagome étaient une spécialité de la région, et elles étaient considérées comme des porte-bonheurs à l'époque. Fuji est aussi un mot dont le sens des caractères peut signifier "immortalité", le mot faucon comprenant un caractère signifiant "haut" et aubergine possède le même son que le terme signifiant "accomplissement". Enfin, d'autres considèrent que ce sont les choses les plus élevés de la province de Suruga (situé autrefois au centre de la préfecture de Shizuoka à l'époque) à savoir : la hauteur du mont Fuji, du mont Aitaka et le prix de la première aubergine de l'année dans cette province. Une autre théorie voudraient que c'étaient des choses que le Shogun Ieyasu Tokugawa aimait le plus.

Au Japon, on dit que si le premier rêve de l'année est de bon augure, l'année sera bonne. Une coutume de la période Muromachi (1336-1573) pour avoir un premier rêve de bonne augure consistait à placer sous l'oreiller l'image d'un bateau au trésor sur lequel se trouvaient les sept divinités de la bonne fortune et à lire trois fois un poème waka avant de s'endormir. Ce waka est un "poème palindromique", qui a le même son qu'il soit lu à partir du début ou à partir de la fin.

Le poème s'intitule "Nakakiyo no Otomefuri no Minamesame Naminorifune no Oto no Yokikana".

Une interprétation possible de ce waka est que le bateau qui avance dans l'eau fait un bruit si agréable avec le clapotement des vagues qu'on oublie de compter les minutes qui passent et on sent soudain que la nuit est si longue qu'on se demande quand le matin arrivera. Toutefois, même en prenant ces précautions on fait encore un mauvais rêve, on avait l'habitude de jeter dans la rivière l'image du bateau au sept divinités du bonheur le lendemain matin pour retrouver la chance. On croyait également que si l'on prononçait ces paroles "Je donne ce rêve au baku", (baku étant une créature légendaire introduite au Japon depuis la Chine et qui mange les rêves), on ne ferait plus jamais de cauchemar.

Le premier rêve de la nouvelle année apparaît la première nuit de la nouvelle année. À l'époque d'Edo, il existait trois théories quant à la date du premier rêve de la nouvelle année. Les trois théories étaient les suivantes : de la nuit du réveillon au matin du jour de l'an, de la nuit du jour de l'an au matin du deuxième jour, et de la nuit du deuxième jour au matin du troisième jour. On dit par ailleurs que la population dans la ville d'Edo ne dormait pas la nuit du réveillon pour accueillir le Dieu de l'année, certains considèrent que le premier rêve de l'année serait celui qu'on faisait à partir du deuxième jour de l'an. On dit également que les gens n'ont commencé à travailler que à partir de 2, et que le jour du Nouvel An, les rues d'Edo étaient presque vides, la plupart des gens passant le jour du Nouvel An endormis dans leur lit.

Le Nouvel An est synonyme de chance. Que le nouvel an à venir soit lui aussi de bonne augure aussi bien pour vous que pour les vôtres.

Jouet poppo en faucon en bois blanc de Yama No Katachi
https://www.shokunin.com/fr/yamanokatachi/otaka.html
Bouilloire en fonte de Chobundo
https://www.shokunin.com/fr/chobundo/

Références
https://ja.wikipedia.org/wiki/初夢
https://ja.wikipedia.org/wiki/なかきよの_とおのねふりの_みなめさめ_なみのりふねの_おとのよきかな
https://www.kibun.co.jp/knowledge/shogatsu/iware/toshikoshi.html
https://colbase.nich.go.jp/collection_items/tnm/A-10569-2874?locale=ja (ColBase)